La victoire en pleurant.
Après la défaite en chantant, voici la victoire en pleurant. Faut-il avoir peur d’une victoire électorale, obtenue par une gauche presque authentique, au motif qu’elle ne s’inscrit pas dans la ligne prophétique de la gauche dite moderne ? Certes, maintenant que l’œuvre est accomplie, d’aucuns ne se priveront pas pour attribuer cette réussite à l’heureuse conjonction du Ségo-tour-opérator, dont la tournée s’acheva à Aix-en-Provence, avec les frasques élyséennes. En somme, après le sourire de la défaite, la grimace d’une victoire aux redoutables effets pervers. Pour mieux comprendre, il faut se souvenir d’un fameux Conseil National du PS où il fut décidé, par un collège d’abominables apparatchiks incompétents, de traiter séquentiellement les élections locales et le Congrès. A l’époque, on entendit parler de déni de démocratie et de stupidité politique par les fondus de la refonte pour qui le PS ne pourrait plus gagner une seule élection avant de s’être équipé d’un leader, ou plus précisément d’une « leadeure ». Aujourd’hui, les choses ont un peu changé car le premier objectif du futur chef n’est plus de préparer la victoire mais de la récupérer, ce qui est tout de même plus facile.
Une élection qui retombe en pluie fine.
Trêve de polémique stérile, venons-en aux retombées positives des ces élections municipales et cantonales. Tout d’abord, il convient de resituer le contexte. La droite dure, après avoir gagné largement la présidentielle et les législatives a entrepris la démolition, pour ne pas dire l’éradication, de la gauche. Ainsi, l’opération « vide grenier » du PS visait à laisser croire au bon peuple de France que les clivages politiques étaient archaïques et qu’en installant un homme providentiel à l’Elysée, toute idée d’alternance devenait obsolète tant l’esprit d’ouverture du Président appelait une nouvelle pratique politique où tout est dans tout et réciproquement. De maroquins en commissions, l’école bessonnière connut alors son heure de gloire au point que les rapports furent écrits en Attalique, cette écriture qui penche singulièrement à droite. Aux dires des médias et des nouveaux apparatchiks de la gauche moderne, le PS était à l’agonie, au bord de l’explosion implosive, incapable d’aller au combat. Dans un tel contexte, avec un PS archaïque, sans leader, sans projet et sans vision, seule une victoire aux élections locales, suffisamment ample pour revêtir une signification nationale, pouvait induire un peu de réalisme et d’équité dans un discours ambiant qui mêlait bizarrement les intérêts de la droite avec ceux d’une certaine gauche. Aussi, si la vague rose a eu pour premier effet de noyer l’utopie dangereuse de la pseudo ouverture, elle a également causé quelques dommages collatéraux auprès des nouveaux visionnaires qui, à gauche, se tenaient tellement près de la droite qu’ils n’ont pas vu arriver la vague.
La métamorphose des godillots.
La remise aux normes du paysage politique français devrait quelque peu changer la donne dans le processus dit de rénovation du PS, non pas en le ralentissant, mais en replaçant les différents acteurs au plus près de la vie politique réelle du pays. En France, la présidentialisation du régime résultant de la mise en œuvre du quinquennat aggravée par la synchronisation des scrutins présidentiel et législatif dans un paquet électoral de type « deux en un », a provoqué la transformation des partis politiques en une sorte de « fan club » entièrement dévoués à la gloire de leur star. Ainsi, l’UMP et l’UDF/modem succombèrent à cette tendance, avec des fortunes diverses, pendant que le PS, sous l’impulsion de quelques éléphants indociles, résistait tant bien que mal au phénomène de mode. Or, dans un parti politique, si les sympathisants aspirent rarement à exercer une quelconque responsabilité politique, il n’en va pas de même pour les militants qui souhaitent généralement s’impliquer, non seulement dans la vie du parti, mais également dans des fonctions électives. De ce point de vue, la décentralisation a permis de créer un nombre considérable de mandats dans les différentes collectivités locales notamment aux niveaux des régions, des départements, des communes et de l’inter-communalité. De fait, c’est cet ensemble de mandats électifs qui innerve, en profondeur, la vie politique française au plus près des citoyens et des réalités. Finalement, dans un parti politique, la proportion des adhérents motivés par l’attrait d’un destin national, voire un maroquin ou, pourquoi pas, l’Elysée est relativement faible au regard de ceux qui préfèrent limiter leur ambition aux confins de leur département. Qui plus est, l’accès aux responsabilités nationales requiert, le plus souvent, une bonne implantation locale en guise de tremplin. En conséquence, il ne faut pas minimiser les retombées indirectes que pourraient avoir les dernières élections locales au niveau du fonctionnement des partis politiques. En effet, les milliers d’élus UMP qui vont se retrouver sur le carreau alors qu’ils pensaient être les maîtres du pays par la grâce d’un Dieu omnipotent, auront de quoi méditer sur la métamorphose des godillots en groupies. A l’inverse, les heureux élus d’une gauche « ringarde » que l’on disait exsangue et sans avenir seront peut être moins disposés à adhérer, sans la moindre réserve, au discours convenu d’une rénovation opportuniste et creuse mise au service exclusif d’un improbable destin personnel.
Rien de neuf dans la rénovation.
La question de la rénovation du PS est réglée depuis 1983 après que François Mitterrand eût compris qu’un programme de gouvernement n’était pas forcément soluble dans la doctrine du Parti. Aujourd’hui, l’évolution du capitalisme, la mondialisation et le libéralisme débridé constituent autant de défis que la gauche devra affronter si elle revient aux affaires au plan national. Le rabougrissement des prérogatives du pouvoir politique national au profit des pouvoirs économique, financier et européen, pose d’emblée le problème de la marge de manœuvre d’un gouvernement de gauche. Dès lors, la seule question qui se pose vraiment est celle du découplage entre la doctrine et le programme de gouvernement. Sauf, bien évidemment, à penser que la doctrine est un concept obsolète en réduisant le rôle d’un parti politique de gauche à l’élaboration d’un programme, ou d’un pacte, présidentiel. Si d’aventure le PS tombait dans ce travers, il s’en trouverait alors réduit à exercer une fonction d’écurie (s) présidentielle (s).
Il est urgent de désigner un maillot jaune.
La question récurrente du leadership s’inscrit également dans la démarche de désintégration d’une pensée politique qui deviendrait un obstacle dans le processus de conquête du pouvoir pour le pouvoir. Du reste, au même titre que la rénovation, la question du leadership au PS, même si elle est incontournable du fait de nos institutions, demeure superfétatoire dans la mesure où personne aujourd’hui n’est apte à assumer ce rôle faute de consensus. De toute façon, par définition, un leader ne se désigne pas, il doit s’imposer de lui-même. Force est de constater que nul n’y est encore parvenu au PS et l’idée même de substituer une procédure de désignation à l’émergence naturelle d’une personnalité porte en elle le germe de l’échec. Pour preuve, c’est précisément ce qu’a connu le PS à deux reprises dans un passé récent. Tout d’abord à l’occasion du référendum sur le TCE, pour lequel François Hollande a cru naïvement qu’il suffisait d’obtenir un vote majoritaire des adhérents, en l’occurrence à hauteur de 60%, pour entraîner le parti, comme un seul homme, sur la voie qu’il jugeait être la bonne avec le résultat que l’on sait. Ensuite, il y eu la désignation de la candidate à l’élection présidentielle, là aussi avec un score de 60% des adhérents, qui n’a pourtant pas permis d’entraîner l’ensemble du Parti, comme une seule femme, sur la voie de la victoire. Jamais deux sans trois ?
Impatience et longueur de temps.
Est-il vraiment bien raisonnable de vouloir mettre 2012 en musique dès aujourd’hui en proposant aux français un programme, qui sera forcément dépassé dans quatre ans, assorti d’une candidate qui n’a pas encore réussi à convaincre son propre camp, alors que ce dernier l’avait mise en situation très favorable pour le faire, quoi que puissent en dire les nouveaux apparatchiks du PS ? Alors, pour évacuer la redoutable question du chef, certains avancent une thèse, que l’on pourrait présenter à la manière de Brassens, selon laquelle : « tout est bon chez elle, y a rien à jeter … sur l’île déserte il faut tout emporter ». Voici une bien curieuse façon d’apprécier les qualités d’une postulante en évaluant son profil par comparaison au néant. Tout d’abord, si il est indéniable qu’il y a du bon chez elle, tout est loin d’être parfait et il reste encore bien des choses à jeter ou, pour le moins, à améliorer. Quant au néant, si tel était le cas, cela serait dramatique pour celle qui ne parviendrait même pas à s’imposer dans un univers exempt de toute concurrence. Par ailleurs, décrire le PS comme une île déserte, n’est certainement pas la meilleure manière de promouvoir la gauche et de préparer son retour à la tête du pays. Les talents et les compétences existent à gauche, ne les méprisons pas en cédant, un fois encore, à la dictature des sondages. Du reste, selon une récente mouture sondagière, Ségolène Royal recueillerait 45% d’avis favorables de la part des sympathisants du PS pour le poste de Première Secrétaire du Parti. Quand on sait que les 60% de l’investiture pour la présidentielle ne permirent pas de créer l’osmose, qu’en serait-t-il d’une désignation de type « deux en un » puisqu’elle cumulerait, de fait, la direction du PS et l’investiture pour 2012, sur la base d’une majorité on ne peut plus relative ? Enfin, alors que le pays vient d’offrir une superbe veste au locataire de l’Elysée qui s’était fait tailler un costume sur mesure dans un tissu d’omnipotence et de people, pourquoi le PS devrait-il, par mimétisme ou par cupidité, reproduire un modèle similaire en confectionnant, à son tour, une opposition monothéiste couchée sur papier glacé ?
Le plus dur est avenir.
En votant majoritairement à gauche à l’occasion des dernières élections municipales et cantonales, les Français ont fait savoir qu’ils pouvaient encore faire confiance à des femmes et à des hommes de gauche pour gérer les affaires de la cité. Le principal mérite en revient, bien évidemment, à celles et à ceux qui, partout en France, ont dépensé sans compter leur énergie et leur talent pour conquérir les mairies et les cantons. Pour autant, si cette victoire montre que tout reste possible, elle ne doit pas constituer une invitation à l’immobilisme et à l’auto satisfaction. Il reste à la Gauche beaucoup à faire pour convaincre les Français qu’une autre politique est possible pour le pays. Si un tel travail exige un minimum d’ordre et de rigueur, sa réalisation ne saurait passer par la voie hiérarchique ou divine, pas plus que par le centralisme démocratique. Il convient d’engager, du moins dans un premier temps, une démarche collective élargie associant tous les talents et toutes les énergies disponibles pour définir, sans dogmatisme mais non sans pensée politique, un projet réaliste adossé, dans la mesure du possible, à une vision alternative du monde qui ne céderait pas à cette lancinante pensée unique qui tend à faire croire que nous serions arrivés à la fin de l’histoire.
La Place du Village disparait. Dans le monde virtuel, tout comme dans le monde réel, elle sera bien vite remplacée par une cyber boutique, un cyber parking ou un cyber zoo. Ainsi va la vie sur la mercantile toile où les espaces de liberté ne sont que des lieux éphémères voués à l’auto destruction. Il ne faut pas en éprouver de la tristesse ni des regrets, tout juste un délicieux souvenir de nos belles rencontres et de cette formidable énergie qui aide à résister dès lors qu’on n’est plus seul. Par vos contributions vous avez réussi à créer un lieu d’intelligence, à l’opposé de l’élitisme, où chacun, à sa manière, méritait tous les autres. En tournant brutalement le bouton, j’ai rompu des liens qui ne m’appartenaient pas, commettant ainsi une sorte d’abus de pouvoir technique. Pour tenter de pallier ce désagrément je vais ouvrir, dès que possible, un petit espace en libre service où ceux qui le souhaitent pourront se retrouver pour passer un moment ou se fixer un autre lieu de rendez-vous.
C'est ici :
http://www.leslaunes.com/plage_du_village/comments.asp?id=103



Je suis heureux de constater que grâce à Humbert, l’énigme du Pont Langlois soulève d’intéressantes questions. Tout d’abord, la question existentielle : qui sont-ils, d’où viennent-ils, où vont-ils ??? Ensuite, la question de l’orientation : passent-ils de la rive gauche vers la rive droite ou bien est-ce l’inverse ?? Ne sont-ils pas en train de rebrousser chemin ? Heureusement que le Pont franchit un canal et qu’un canal draine fort peu de courant ! Voilà de quoi cogiter … Humbert soulève également la question de la position du peintre qui est loin d’être neutre. Pour ma part, je pense qu’au final, le personnage principal de l’action ne figure pas sur le tableau car il s’agit bien évidemment de celui qui manœuvre le Pont. C’est lui qui décide de l’ouvrir et de le fermer et, qui plus est, il peut tout aussi bien le soulever sous les pieds des passants intrépides. Il faut bien dire qu’il dispose, pour cela, d’un appareillage (d’aucun dirait appareil) suffisamment complexe pour faire de son manipulateur le maître du jeu. Certes, il reste bien la tentation de la barque, mais vu son état, qui se risquerait à l’emprunter pour changer de rive. Du reste, n’a-t-elle pas été placée là comme une sorte d’invitation pour un voyage sans retour au fond du canal Je vous aide un peu : n’oubliez pas que Van Gogh était HOLLANDAIS. La suite de votre feuilleton inter-actif « Le Pont de Langlois » dans les prochains jours sur LA PLACE DU VILLAGE.

Van Gogh : le pont Langlois à Arles.
Il suffit de passer le Pont ...
Suite du feuilleton ...
Pour prolonger la réflexion d’Humbert raffke à propos du pont de Van Gogh permettez-moi de me risquer à proposer ma symbolique personnelle. Tout d’abord il convient de préciser que le Pont de Langlois doit son nom à l’employé chargé de le garder et de le manipuler. L’ouvrage que l’on peut voir aujourd’hui à quelques kilomètres au sud du centre ville, sur le canal d’Arles à Bouc, n’est pas celui peint par l’artiste. Il n’est pas non plus à son emplacement initial. Cependant, la volonté d’évoquer le peintre, aussi bien que de restituer une technique ancienne, ont permis de replacer le Pont dans son intégrité fonctionnelle, et dans un cadre paysager proche de celui vu par Van Gogh. Aujourd’hui, cet ouvrage est mondialement connu sous le nom de Pont de Van Gogh et non plus sous celui de Pont de Langlois. Voilà pour la petite histoire. Pour en revenir à la symbolique, le tableau de Van Gogh illustre une merveilleuse façon de changer de rive en passant un pont mécanique qui s’ouvre et se referme au bon vouloir, et à la sueur, de l’employé chargé de le manipuler. Aujourd’hui, quand j’entends les prosélytes de la gauche moderne nous inviter à faire illico presto le fameux pas en avant sans se préoccuper de ceux qui manipulent le pont, je crains fort qu’ils ne se retrouvent tout aussi vite au fond du canal pour s’y noyer. Il est vrai que de nos jours, l’opinion est plus sensible à l’élégance de celui ou celle qui passe le pont qu’à la sueur de l’employé qui le manipule. Tout ceci pour dire que je ne suis pas hostile au changement de rive, à condition toutefois de prendre la peine d’ouvrir le pont au moment opportun et de ne pas oublier la rive d’où l’on vient. Je vous laisse toute liberté d’imaginer qui, à gauche, manipule le pont et qui, munie de son ombrelle, s’efforce de le franchir avec plus ou moins d’élégance. Toujours est-il qu’il est assez probable qu’à l’instar du Pont de Langlois, l’histoire oublie à jamais le nom de ceux qui auront permis à tant de gens de passer sur l’autre rive pour ne retenir que la silhouette du passant.

Van Gogh : Le Pont de Langlois à Arles
Il suffit de passer le Pont ...

Sur l’Etang des Launes comme sur la Place du Village, les oiseaux, qui ne sont pas toujours du même rose, en arrivent à se prendre le bec en hérissant leurs plus belles plumes. Il ne faut pas s’en inquiéter, sur l’Etang comme sur la Place, cela annonce la saison des amours.

Bon anniversaire, chère nonna, vous êtes la plus jeune de la Place.
Conte écrit par Barricade.
Le chat tigré cherche un lieu où passer la nuit. Il fait très froid. Il a faim et il a peur. C’est un chat abandonné. Un jour, il a cessé de plaire. Un chaton, c’est mignon, mais ça grandit. Il s’est retrouvé à la rue.
Depuis ce matin il erre dans les rues de la ville. Il a croisé des gens pressés qui portaient des paquets. Il s’est frotté en miaulant aux jambes des passants, mais personne n’a semblé le voir. Il est devenu un chat transparent.
Des odeurs délicieuses s’échappent des magasins. Mais il sait qu’il est dangereux de s’approcher. Il a déjà reçu des coups. Parfois, il a la chance de rencontrer une dame à chats qui lui donne furtivement un peu de nourriture. Mais ce soir, il ne voit personne.
Il faut trouver un abri. Près d’un terrain vague, il avise un carton. Il s’approche. Dans le carton, il y a un homme. C’est un homme abandonné. Il y a très longtemps, il travaillait. Mais les impératifs économiques, la rentabilité, les restructurations …. On ne se doute jamais à quel point les mots peuvent tuer.
Il a erré toute la journée dans les rues de la ville. Il a croisé des gens pressés qui portaient des paquets. Mais personne n’a semblé le voir. Il est devenu un homme transparent. Il a faim et il a froid. Le chat tigré s’approche de l’homme. Ils se regardent, longuement. L’homme abandonné tend la main et caresse le chat. Le chat tigré ronronne. Il avait oublié la douceur d’une main humaine.
Ils savent qu’ils ne se quitteront plus jamais.
C’est une nuit de Noël…
Sur une étoile lointaine, quelqu’un sourit.
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Deux cardinaux français ont rendu visite au Pape. Raphaël (le peintre, pas le chanteur) leur a tiré le portrait. Le premier, celui qui a une belle frange, a pris le peintre pour un photographe et a fixé le pinceau comme on fixe un objectif. L'autre, est manifestement distrait.
Je vous laisse le soin d'imaginer ce qu'il dit. L'auteur de la meilleure réplique gagne un voyage virtuel au Vatican.