Créée en dehors de tout circuit politique et autre cercle d’influence, la Renaissance Saintoise est une association citoyenne de type loi 1901 qui se veut un lieu ouvert, où l'écoute, la réflexion, la vigilance et l’action seront conduites avec un esprit de concertation dans le cadre d’une démarche constructive mais sans concession.
Le principal objectif de cette association est de contribuer à mieux faire connaître, à promouvoir et à protéger les richesses patrimoniales, culturelles et environnementales du village des Saintes Maries de la Mer et, au-delà, de la Camargue vue dans son périmètre le plus large.
Récusant toute approche passéiste ou partisane, la démarche engagée par la Renaissance Saintoise est sous-tendue par la volonté de participer, en tant qu’association, à l’élaboration et au suivi des projets de développement maîtrisé du village des Saintes Maries de la Mer et du Delta afin de contribuer à l’amélioration du cadre de vie de ses habitants et de ses visiteurs.
http://www.renaissance-saintoise.org/
Aux confins de la Provence, enserrée entre les deux bras du Rhône et la Méditerranée, la Camargue, sublime delta, constitue un refuge vivant où la nature sauvage, et pourtant si fragile, offre une flore et une faune exceptionnelles. Capitale de ce territoire unique, le village des Saintes Maries de la Mer s'étire entre mer et étangs. Ceux qui vivent là ont toujours su préserver la virginité de son redoutable littoral, l'authenticité de ses paysages et la richesse de sa culture et de ses traditions.

A l'ouest, effleurant la mer, l'étang des Launes, dont les berges confèrent au village marin son caractère typiquement camarguais, héberge une multitude d'oiseaux migrateurs ou sédentaires dans un décor naturel que le soleil et le ciel recomposent sans cesse. Aujourd'hui, l'intégrité de ce lieu exceptionnel se trouve gravement menacée par un projet d'extension de parking, sur l'emprise même de l'étang.
La construction sur l'étang des Launes d’un parking de supermarché défigurera, à tout jamais, un des panoramas les plus authentiques des Saintes. Pourquoi entreprendre un tel chantier alors qu’en dehors de quelques journées festives, la capacité de l'aire de stationnement actuelle s'avère largement suffisante tout au long de l'année. Améliorer l'accueil, n'est ce pas d'abord prendre soin du premier regard que le visiteur porte sur le village et de préserver, avant tout, ce pourquoi il est venu : la beauté du lieu.
Le schéma d’urbanisation de la commune semble s'inscrire dans une démarche articulée autour de la voiture particulière et du camping-car avec, comme seul objectif discernable, celui de favoriser leur pénétration au coeur même du village pourtant déjà si encombré. C'est à croire que les visiteurs viendraient ici comme on se rend au supermarché, avec le flamant rose et la mer en guise de têtes de gondoles.
Si le projet initial prévoit de porter la capacité de l'aire de stationnement des Launes à 41 places de cars et 1026 places de voitures, en revanche,
rien n'est prévu pour adapter les voies d'accès malgré l'enclavement notoire du lieu plus propice au stationnement des nègue-chins qu’à celui des véhicules automobiles. En la matière, le pire n'étant jamais improbable, il faudra bien réaliser des voies d’accès, qui longeront l’étang à partir des ronds points de la Croix de Camargue et de Crin Blanc, afin de desservir le méga parking. Ne serait-il pas plus raisonnable, à l'instar de ce qui se fait dans la plupart des sites touristiques fragiles, d'envisager une régulation de la circulation automobile basée sur le principe de rétention du surplus de véhicules à la périphérie du village? Ce n’est pourtant pas la place qui manque !
Outre la destruction des paysages et les risques engendrés pour l'équilibre écologique de l'étang, la réalisation de ce funeste projet contribuera à rompre, un peu plus, le subtil équilibre entre les infrastructures d'usage permanent et les infrastructures d'usage saisonnier. Ainsi, l’incohérence de la politique suivie depuis de nombreuses années en matière d’urbanisation conduira inexorablement le village à perdre son identité et son authenticité en détériorant, tout à la fois, le cadre de vie des saintois et l’attrait des visiteurs.


A défaut de pouvoir estimer, de manière fiable, le coût de l’étang « parking », il est possible d’évaluer celui de l’étang « aire de grand rassemblement ». En effet, à l’occasion de la séance des questions au gouvernement du 31 mai 2006, le Ministre de l’Intérieur, en réponse à une question du Député Eric Woerth relative à l’accueil des gens du voyage, a indiqué que le coût d’une place de stationnement s’élevait à 23000 euros. A ce tarif, l’aire de grand rassemblement des Launes, dont la capacité avoisinerait les 1000 places, reviendrait à 23 millions d’euros. Qui acceptera de payer une facture aussi exorbitante pour un projet aussi ubuesque ?

Aujourd’hui, il ne manque plus que l’approbation du PLU par les services de l’Etat pour voir les tractopelles entrer en action. Certes, on peut toujours se rassurer en constatant que les projets de la municipalité actuelle ne sont que des serpents de mer qui dépassent rarement le stade de la première pierre, quand ils ne sont pas affichés à la façade du cinéma en guise de prochaine fiction. Mais quand l’entêtement annihile toute raison, le pire reste possible.
